David Guttman

En 1994, à l’âge de 54 ans, David a remarqué du sang dans son urine et a aussitôt consulté un médecin. Toutefois, c’est seulement six mois plus tard qu’il a reçu un diagnostic de cancer non invasif de la vessie.

Il arrive que les cellules de la vessie subissent des mutations et se comportent de façon anormale. Certains changements entraînent des affections bénignes, mais d’autres peuvent causer le cancer. Si le cancer de la vessie est confiné à l’urothélium, il est dit non invasif. S’il s’est propagé à la paroi vésicale, il devient invasif (ou infiltrant).

La présence de sang dans l’urine est le signe le plus courant d’un cancer de la vessie, mais elle est parfois visible seulement au microscope ou décelée au cours d’autres analyses d’urine. Des mictions plus fréquentes, des difficultés à uriner, des mictions impérieuses et une sensation de brûlure à la miction sont d’autres symptômes possibles. Ces symptômes, et d’autres, peuvent être absents au stade initial d’un cancer de la vessie et se manifester seulement une fois que la tumeur a grossi ou a envahi les couches profondes de la paroi vésicale.

On estime que 2 400 Canadiens ont succombé à un cancer de la vessie en 2017.

David a été traité pendant 10 ans pour son cancer, et s’est notamment fait retirer des tumeurs dans l’urètre, jusqu’à ce qu’il subisse une cystectomie radicale, soit l’ablation totale de la vessie. Aujourd’hui, David est porte-parole Cancer de la vessie Canada, l’organisme qu’il a fondé en 2009 avec un pair survivant, Jack Moon.

« Pendant six mois, j’ai été victime d’une erreur de diagnostic. J’ai consulté mon médecin généraliste après avoir vu du sang dans mon urine, mais il n’a jamais prononcé les mots « cancer de la vessie ». Il m’a plutôt prescrit des antibiotiques qui m’ont amoché, et même un qui a causé une perte auditive. Je ressentais un grand malaise et mes symptômes ont continué de m’incommoder.

« J’ai fait un auto-diagnostic grâce à mes recherches; j’ai exploré toutes les autres possibilités pour expliquer mes symptômes, jusqu’à ce que je ne puisse plus les ignorer. Un jour, je suis allé au bureau de mon médecin généraliste et la réceptionniste m’a dit : « David? Vous n’avez pas de rendez-vous aujourd’hui. » Je lui ai répondu : « Je ne pars pas d’ici avant d’avoir un rendez-vous avec un urologue ».

« Ce premier urologue a suivi la procédure habituelle et m’a fait subir une cystoscopie pour confirmer mon diagnostic. Il a décelé des tumeurs dans mon urètre; c’était un cancer de la vessie. Pendant que j’étais encore dans la salle d’examen, cet urologue est allé parler à mon épouse. Elle était dans une salle d’attente entourée de salles de consultation, mais il a choisi de lui dire devant toutes les personnes présentes : « Votre mari a le cancer ».

« « Est-ce qu’il le sait? », lui a demandé mon épouse, et il a répondu « Oui ». Imaginez le choc que j’ai eu lorsqu’elle est venue me voir en salle de réveil, visiblement bouleversée, et qu’elle a commencé à me parler de mon diagnostic. « Es-tu en train de me dire que j’ai le cancer? », lui ai-je demandé. Voilà comment j’ai appris que ma vie avait changé pour toujours.

« Il n’y a pas eu de vraie discussion sur le pronostic ni sur le traitement du cancer. Je n’ai même pas eu une brochure à lire. L’urologue ne m’a remis aucune documentation.

« Si je n’avais pas fait mes recherches et essayé d’obtenir une consultation avec le meilleur spécialiste du cancer de la vessie, je serais peut-être encore avec cet urologue. Mais j’ai été chanceux, car j’ai trouvé un médecin qui m’a eu.

« Je crois que les choses sont différentes aujourd’hui, mais tout le monde a encore besoin de plus d’éducation. Les patients, et même les médecins, doivent être mieux informés des signes et symptômes du cancer de la vessie. Ils doivent savoir que le cancer infiltrant sans atteinte musculaire est récurrent et doit être surveillé de près pour qu’il ne se transforme pas en cancer infiltrant. Il faut qu’ils sachent que le cancer vésical infiltrant est plus difficile à traiter, que le traitement coûte cher et que la charge est énorme pour notre système de santé. Nous devons en faire plus. »

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