Inspiration

5 septembre 2017

Cancer du poumon : l’espoir de survie

Le cancer du poumon coûte plus de vies aux Canadiens que le cancer du sein, le cancer de la prostate et le cancer colorectal réunis. Le cancer du poumon est la principale cause de décès par cancer au Canada. Il représente un cas de nouveau diagnostic de cancer sur huit et un décès lié au cancer, quel qu’il soit, sur quatre. Cinquante sept Canadiens meurent des suites du cancer du poumon chaque jour.

Parfois, des cellules dans les poumons se comportent de façon anormale après avoir subi des mutations, ce qui peut entraîner l’apparition d’un cancer du poumon. Les tumeurs cancéreuses du poumon peuvent ensuite former des métastases, c’est-à-dire se propager à d’autres parties du corps.

Les cancers du poumon sont répartis en deux catégories, selon le type de cellules dans lequel la tumeur a pris naissance. Le cancer du poumon non à petites cellules se forme soit dans les cellules glandulaires situées sur la partie externe du poumon, soit dans les cellules minces et aplaties, appelées cellules malpighiennes, qui tapissent les bronches, ou voies respiratoires, reliées à la trachée. Le cancer du poumon à petites cellules se forme dans les cellules qui tapissent les bronches, au centre des poumons.

Plusieurs signes pourraient être des indicateurs d’un cancer du poumon, dont une toux qui s’aggrave ou qui persiste, des douleurs thoraciques constantes qui sont intensifiées par une respiration profonde ou la toux, la présence de sang dans le mucus ou d’autres liquides provenant des poumons, un essoufflement, l’affaissement d’un poumon et une douleur importante à l’épaule.

Alors que les patients doivent affronter les changements dans leur corps, leurs conjoint(e)s, leurs parents, leurs frères et sœurs et les autres soignants doivent faire face à la prise en charge de ces symptômes aux côtés des patients.

Le cancer du poumon peut être déchirant pour toutes les personnes touchées. Pour les patients, le cancer du poumon signifie faire face à certains des symptômes les plus difficiles, notamment les difficultés respiratoires, la respiration sifflante, la fatigue, le manque d’énergie et même la dépression. Une patiente m’a raconté une fois avoir pleuré tous les jours après avoir reçu son diagnostic, elle devait se cacher dans la douche pour que ses enfants ne l’entendent pas sangloter. Et alors que les patients doivent affronter les changements dans leur corps, leurs conjoint(e)s, leurs parents, leurs frères et sœurs et les autres soignants doivent faire face à la prise en charge de ces symptômes aux côtés des patients. Environ la moitié des Canadiens qui s’occupent d’un proche atteint de cancer du poumon indique avoir dû réduire leur travail d’au moins quelques heures en raison de leurs responsabilités en tant qu’aidant. La maladie coûte aux familles du temps, de l’énergie et leur stabilité financière.

Le tabagisme est la cause de la plupart des cancers du poumon, mais environ la moitié des patients n’ont jamais fumé de leur vie ou ont arrêté de fumer. Les patients et leur famille souffrent des préjugés liés au tabagisme, et beaucoup hésitent à parler de leur diagnostic.

L’expérience nous a montré que le stigmatisme lié au tabagisme est un obstacle important dans l’obtention d’aide et de financement pour la sensibilisation au cancer du poumon. Les patients racontent : « Lorsque je dis que j’ai un cancer du poumon, on ne me demande pas comment je me sens ou comment je vais. La première chose que l’on me demande, c’est si j’étais fumeur. » Tout le monde part du principe que le cancer du poumon est auto-infligé; que si vous présentez un tel cancer, c’est vous l’avez mérité. Le cancer du poumon représente plus de 25 pour cent de tous les décès par cancer au Canada, mais il ne bénéficie que de sept pour cent environ du financement global. Ce stigmatisme lié au tabagisme n’est pas qu’un simple obstacle à la poursuite de la recherche ou du soutien, c’est un obstacle à l’espoir.

Dans le cas du cancer du poumon, le fardeau des symptômes est lourd, le fardeau socioéconomique pour les familles est élevé et, lorsque les options thérapeutiques sont limitées, le niveau d’anxiété est important. Les options thérapeutiques sont des atouts précieux qui aident à inciter les patients et leurs proches à continuer à lutter. Pour beaucoup, c’est la concrétisation de l’espoir.

Traitements contre le cancer du poumon offerts au Canada Effets bénéfiques du traitement Effets secondaires possibles
Chirurgie Divers types d’interventions chirurgicales peuvent servir à traiter le cancer du poumon non à petites cellules par ablation complète de la tumeur. Douleur, saignements, problèmes respiratoires, pneumonie, fistule bronchopleurale (ouverture anormale dans le poumon qui l’empêche de bien se gonfler), affaissement du poumon, nausées, vomissements, infection, problèmes cardiaques, caillots de sang et fatigue.
Radiothérapie La radiothérapie détruit les cellules cancéreuses au moyen de rayonnements à haute énergie. Il peut s’agir du traitement principal pour des tumeurs cancéreuses du poumon qui sont impossibles à enlever par chirurgie, pour réduire la taille des tumeurs et pour soulager la douleur ou maîtriser les symptômes associés au cancer du poumon non à petites cellules. Fatigue, réactions cutanées, problèmes respiratoires, difficulté à avaler, nausées, vomissements, pneumonite radique (inflammation des poumons), problèmes cardiaques et fibrose pulmonaire (formation de tissu cicatriciel dans les poumons par suite de l’inflammation).
Chimiothérapie La chimiothérapie est un traitement à action générale qui consiste à faire circuler des médicaments anticancéreux dans tout le corps pour détruire les cellules cancéreuses et les empêcher de croître ou de se multiplier, y compris celles qui se sont détachées de la tumeur principale. Douleur, irritation ou enflure au point d’injection, réactions allergiques, nausées, vomissements, diarrhée, constipation, fièvre et autres symptômes pseudogrippaux, mal de gorge, fatigue, perte d’appétit, douleur musculaire ou articulaire, engourdissement ou picotement dans les mains et les pieds, difficultés respiratoires, anomalies de la peau ou des ongles, modification de la vision, problèmes hépatiques, problèmes rénaux, faible numération de globules blancs, saignement ou ecchymoses inhabituels, enflure, rétention aqueuse, rythme cardiaque irrégulier, douleurs à la poitrine et crises convulsives.
Traitement endobronchique Les traitements endobronchiques servent à réduire la taille des tumeurs qui bloquent les voies respiratoires ou à traiter un cancer du poumon non à petites cellules qui s’est propagé à l’extérieur de la paroi bronchique. Parmi les exemples de traitements endobronchiques, on note le débridement bronchique (l’utilisation d’outils tranchants passés à travers un bronchoscope pour éliminer les tumeurs cancéreuses et ouvrir les voies respiratoires), la pose d’un stent (utilisation d’un petit tube de métal ou de plastique pour maintenir les voies respiratoires ouvertes), la chirurgie au laser, la curiethérapie (rayonnements internes administrés dans les voies respiratoires) et l’électrocoagulation (utilisation d’un courant électrique haute fréquence pour réduire les tumeurs bloquant les voies respiratoires ou sceller les vaisseaux sanguins pour arrêter le saignement des tumeurs). Saignements, toux, problèmes cardiaques, problèmes pulmonaires, sténose bronchique ou œsophagienne (rétrécissement des bronches ou de l’œsophage pouvant être causé par du tissu cicatriciel), fistule broncho-œsophagienne (ouverture anormale entre les bronches et l’œsophage).
Inhibiteurs de la tyrosine kinase Les inhibiteurs de la tyrosine kinase sont des traitements qui ciblent des protéines kinases spécifiques liées à la croissance, ou des enzymes qui influencent le fonctionnement des protéines. Ces traitements se lient avec les récepteurs à activité tyrosine kinase qui sont exprimés à la surface des cellules cancéreuses et inhibent la croissance et la prolifération cellulaires tumorales et favorisent la mort cellulaire. Les inhibiteurs de la tyrosine kinase sont des traitements administrés par voie orale. Nausées, vomissements, diarrhée, constipation, éruption cutanée et autres lésions cutanées, maux de tête et étourdissements, raréfaction des cheveux, variations du poids et de l’appétit, fatigue, difficultés respiratoires, enflure, fièvre, toux et autres signes d’infection, douleurs musculaires et articulaires, goût anormal dans la bouche, maux d’estomac sévères, saignements gastro-intestinaux, inflammation des intestins, troubles pulmonaires, hépatiques ou rénaux graves, présence de sang dans les urines, battements cardiaques anormaux, variations de la vision, problèmes de coagulation, variations des résultats des examens médicaux (numération globulaire, fonction rénale et hépatique et niveau d’enzymes).
Anticorps monoclonaux ciblant le système immunitaire Les anticorps monoclonaux sont des molécules créées en laboratoire conçues pour aider le système immunitaire à détruire les cellules cancéreuses. Ces traitements aident à réactiver la réponse immunitaire dans le micro-environnement tumoral, ce qui entraîne l’identification et la destruction des cellules cancéreuses. Nausées, vomissements, maux de tête, fatigue, étourdissements, variation du poids ou de l’appétit, changement du comportement, éruption cutanée ou autres lésions cutanées, urines foncées ou présence de sang dans les urines, douleurs à l’estomac, graves problèmes pulmonaires, hépatiques ou rénaux, enflure des chevilles, difficultés respiratoires, toux, fièvre, modification de la vision, glycémie anormale, troubles de la mémoire ou autres problèmes cognitifs, douleur thoracique, anomalie des battements cardiaques, modifications des résultats des examens médicaux (numération globulaire, fonctions rénale et hépatique et taux d’enzymes).

Par exemple, nous avons travaillé avec une patiente qui venait de prendre sa retraite lorsqu’elle a reçu le diagnostic dévastateur de cancer du poumon. Dans un premier temps, elle a reçu la chimiothérapie de référence. Mais il s’est avéré que la chimiothérapie n’était pas la bonne option dans son cas, et elle a eu besoin d’une autre façon de lutter contre la maladie. Après des mois de tests et de rendez-vous chez le médecin, elle a trouvé un traitement ciblé qui fonctionnait pour elle. Malgré les nombreuses difficultés pour avoir accès au traitement, la nouvelle option lui a permis d’être présente lors de jalons familiaux importants. Et lorsque le premier traitement alternatif a perdu son efficacité, elle a trouvé une autre option, puis une autre encore.

Les options thérapeutiques donnent du temps aux patients, mais, plus important encore, du temps de qualité. Certains patients veulent avoir plus de temps pour jouer avec leurs petits-enfants ou partir en vacances avec leur famille. D’autres souhaitent reprendre le travail. D’autres encore veulent avoir le temps d’organiser les choses pour que leurs employés, leur famille et leurs proches soient pris en charge.

Il n’existe pas encore de traitement permettant de guérir un cancer du poumon de stade 4, mais certains patients nous disent que le mot « stable » est devenu leur qualificatif préféré. Un patient a même dit se sentir gâté parce que sa fille pouvait s’occuper de lui et l’aider à prendre en charge son cancer du poumon de stade 4 comme une maladie chronique. Un autre patient avec lequel je travaille ayant épuisé toutes ses options après six mois à qui l’on avait annoncé qu’il ne verrait pas Noël a quand même pu se rendre jusqu’aux fêtes de fin d’année et même un peu après.

« Si j’avais la possibilité de changer quelque chose dans le cancer du poumon, je dirais que je voudrais maintenir les familles ensemble un peu plus longtemps. Je voudrais réduire le stigmatisme, diminuer la mortalité et donner plus d’espoir aux patients. »

– Christina Sit

Chez Cancer pulmonaire Canada, nous visons à donner une voix aux Canadiens touchés par la maladie. Notre but est de les aider au cours des différentes étapes de leur parcours – du diagnostic au traitement et, avec un peu d’espoir, à la rémission – quelle que soit la durée de leur parcours. Et, tout du long, nous espérons que chaque patient vit une bonne vie, pleine de sens.

Invitez d’autres personnes à en apprendre davantage et à participer au défi d’innovation Repenser le cancer.